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ImageAlors que les libériens avaient l'oreille rivée à leur poste radio mercredi et que le pays cherchait désespérément à glaner la moindre information sur le candidat qui pourrait être le prochain président, la Commission électorale nationale a fait savoir que la proclamation des résultats provisoires prendrait plus de temps que prévu.


Selon la Commission, seul un pour cent des bulletins a été dépouillé, au lendemain du scrutin qui a mobilisé des milliers d'électeurs. Ces résultats partiels, obtenus à partir du décompte des bulletins de 39 bureaux de vote, plaçaient coude à coude Ellen Johnson-Sirleaf et George Weah, les deux candidats favoris.


D'après ces résultats, Mme Sirleaf, une économiste diplômée de Harvard qui pourrait bien être la première femme présidente élue en Afrique, totalise 24,6 pour cent des suffrages contre 21,2 pour cent pour l'ancienne gloire du football, George Weah.

L'avocat d'affaires Charles Brumskine - qui fut président du Sénat sous l'ancien chef d'Etat Charles Taylor - et Winston Tubman - le neveu de William Tubman, le président resté le plus longtemps en fonction au Liberia - suivent tous deux en troisième position avec 10,2 pour cent des voix.

Toutefois, la présidente de la Commission électorale, Frances Johnson-Morris, a tenu a précisé qu'il s'agissait de résultats très partiels.

« Pensez qu'il y a 3 070 bureaux de vote et que nous devons dépouiller, décompter et totaliser tous ces bulletins de vote », a-t-elle déclaré mercredi au cours d'une conférence de presse. "Il nous faudra de trois à sept jours pour mener à bien toutes les opérations ».

Alors qu'il y a deux ans à peine, les habitants n'osaient pas sortir de peur d'être victimes de tirs de mortier ou de balles perdues, de nombreuses personnes traînaient mercredi dans les rues de la capitale l'oreille collée à leur transistor.

Et pour ceux qui n'en possédaient pas, les garages automobiles, les ateliers de couture et les boutiques étaient les lieux de rassemblement pour écouter les résultats de chaque bureau de vote.

Sylvester Yangbae, qui travaille comme écrivain public dans un coin de rue, a amené son transistor pour ne rien rater des résultats et faire ses propres décomptes.

L'attente des résultats n'entame pas l'enthousiasme de la population

« Je suis content parce que nous pouvons voter après tant d'années de souffrance. Et pouvoir élire librement et de manière impartiale notre président. Je ne veux rien rater de cet évènement », a-t-il confié à IRIN, en notant un nouveau résultat.

Les premières élections libériennes d'après-guerre se sont déroulées sans violence et tout le monde souhaite que le même calme prévale lors du décompte et de la proclamation des résultats.

De nombreux observateurs électoraux étrangers ont été impressionnés par l'attachement du Liberia à la démocratie, alors que la guerre civile de 1989 à 2003 a fait quelque 250 000 victimes et des centaines de milliers de déplacés dans ce pays.

Mardi, certains bureaux de vote sont restés ouverts tard pour permettre à tous les électeurs de voter pour élire 30 sénateurs, 64 représentants à la chambre basse du parlement et un nouveau président.

Dans ce pays essentiellement forestier, le décompte et la compilation de tous les bulletins de vote constituent une opération laborieuse.

Et pour pouvoir travailler de nuit et poursuivre le dépouillement de votes, malgré l'absence d'électricité qui perdure depuis plus d'une décennie, le personnel électoral a eu recours à des générateurs et des lanternes fonctionnant sous batterie.

Les voies de communications ont également souffert de ces nombreuses années de guerre. Les principaux axes routiers et les ponts ont été détruits et avec la saison des pluies, les pistes en latérite se sont transformées en petits torrents.

Ainsi, mercredi quatre hélicoptères et des centaines de camions et jeeps des Nations unies ont été réquisitionnés pour convoyer des fiches électorales et des urnes vers la capitale.


Les candidats doivent obtenir 50 pour cent des suffrages au premier tour pour être proclamés vainqueurs des élections. Si aucun des 22 présidentiables n'atteint ce score, un deuxième tour sera organisé le 8 novembre. Il opposera les deux candidats du premier tour ayant totalisé le plus grand nombre de voix.

« C'est un processus lent et laborieux, mais le résultat final vaut la peine d'attendre », a déclaré mardi l'ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter, un des nombreux observateurs internationaux venus superviser le déroulement des élections au Liberia.
source : IRIN