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Mouvement de protestation d’étudiants haïtiens contre les Nations-Unies, à l’occasion du 61ème anniversaire de l’ONU. 

 

Vive tension du côté de la Faculté des Sciences Humaines ; quatre étudiants libérés après une interpellation de plusieurs heures ; un journaliste de Radio Galaxie sauvagement agressé par la police ; un drapeau américain brûlé à Port-au-Prince.

Une situation de tension a régné mardi pendant toute l’après-midi et jusqu’en début de soirée dans des secteurs du centre de Port-au-Prince où des étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) en colère ont dressé des barricades enflammées dans le cadre d’un mouvement de protestation contre la présence des casques bleus en Haïti, à l’occasion de la célébration du 61ème anniversaire de l’Organisation des Nations Unies.

Calme au début, cette mobilisation a été émaillée de graves incidents provoqués tant par des casseurs que par des brutalités policières. Quatre étudiants de la Faculté des Sciences Humaines interpellés en fin d’après-midi ont été relâchés dans la soirée après de longues négociations entre le commissaire du gouvernement, Me Claudy Gassant, et le recteur de l’Université d’Etat, Pierre-Marie Paquiot. Alors que les camarades des quatre jeunes gens restaient plantés devant le commissariat de Port-au-Prince afin d’obtenir leur libération, à l’intérieur les deux responsables s’entretenaient jusqu’au dénouement plutôt heureux de cette affaire.

Reste que beaucoup d’étudiants sont encore très remontés contre les agents de la Compagnie d’intervention et de maintien d’ordre (CIMO) et les soldats onusiens qu’ils accusent de les avoir brutalisés.

D’autre part, plusieurs journalistes ont été sévèreement molestés par des policiers devant le commissariat. Le cas le plus préoccupant est celui d’un reporter de Radio Galaxie, une station privée de Port-au-Prince, Ernst Cadichon, qui a eu le bras droit gravement fracturé. Transporté d’urgence à l’hôpital après avoir été renversé à coups de bâton, le confrère a été autorisé à regagner son domicile. Mais, selon le directeur de l’information de Radio Galaxie, Patrice Mérisier, Cadichon devra, sur recommandation médicale, "observer un repos complet de 15 à 22 jours". Il souligne que la station est dans son ensemble sous le choc. Outre les violences physiques subies, la victime a vu son magnétophone et son téléphone portable volés en éclats.

Vers le milieu de cette journée mouvementée, les étudiants lançaient des pierres dans toutes les directions, des coups de feu et des détonations ont été entendus au moment de l’intervention sur les lieux des éléments de l’unité anti-émeutes de la police nationale, la Compagnie d’Intervention et de Maintien d’Ordre, (CIMO). On ne signalait aucun blessé vers 2 hres p.m avant que la situation ne dégénère. Dans le périmètre de la Faculté des Sciences Humaines, à Carrefour Ti Four et au Champ de Mars, à proximité de l’ambassade de France (centre de la capitale), c’était la panique. Des automobilistes n’hésitaient pas à rouler dans le mauvais sens au moment où des pare-brise de véhicules, dont certains appartenant à la Mission de l’ONU, étaient cassés par des jets de pierres.

Le mouvement de protestation des étudiants avait débuté au Champ-de-Mars, aux abords du siège de la présidence, où une cérémonie de commémoration de l’anniversaire de création des Nations Unies se déroulait au Musée du Panthéon National (MUPANAH), en présence de plusieurs autorités haïtiennes et des principaux responsables de la Misssion des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

Les slogans lancés par les étudiants dénonçaient la faillite de l’ONU en Haïti, l’aggravation de la situation en raison justement de sa présence et de sa politique. Sur un plan plus général, les étudiants fustigent l’action des Nations Unies dans le monde et la manipulation de l’organisation par les grandes puissances, notamment les Etats-Unis. Un drapeau américain a d’ailleurs été brûlé non loin du MUPANAH. Au cours de la cérémonie officielle du 61e anniversaire de l’ONU, le représentant spécial du Secrétaire général de l’organisation, Edmond Mulet, a rappelé le rôle historique joué par Haïti dans la création des Nations Unies. Soulignant que le pays se trouvait aujourd’hui "à la croisée des chemins", le diplomate guatémaltèque a estimé nécessaire l’aide de l’organisation mondiale en vue de permettre aux haïtiens d’arriver à "la démocratie, à l’Etat de droit et au développement durable". Mulet a aussi salué la mémoire des membres de la force internationale de paix tués en Haïti depuis 2004.

De son côté, le Premier ministre haïtien a remercié l’ONU pour ses efforts en faveur du développement et de la stabilisation d’Haïti. Jacques-Edouard Alexis, qui a appelé les représentants de l’organisation à "aider Haïti à sortir des ornières où ses fils et ses filles l’ont mise", a également indiqué que l’avenir du pays était tout aussi prometteur que son passé. Le chef du gouvernement en a profité pour élever la plus vive protestation contre des propos haïtianophobes tenus récemment en République Dominicaine par Joana Mendelson, un haut cadre de la MINUSTAH.

Pendant la cérémonie, des voix criaient à l’extérieur "Vive (Hugo) Chàvez, à bas MINUSTAH" ou encore "L’ONU est le valet des américains". Au nombre de quelques dizaines, les manifestants ne cachaient pas leur mécontentement devant la décision des autorités de permettre à la Mission onusienne de célébrer la date du 24 octobre au musée national.

 La Faculté des Sciences Humaines où est parti ce mouvement de protestation contre la présence de l’ONU en Haïti fut le bastion de la mobilisation contre le régime Lavalas en 2003-2004, avant l’insurrection armée ayant abouti au renversement de Jean Bertrand Aristide, le 29 février 2004.

 Radio Kiskeya